mardi 17 janvier 2012

Notre charte des valeurs

La charte des valeurs présente les principes qui guident l’action de l’epss

La Charte des convictions et des principes d’action de l’association EPSS.

Un engagement inscrit dans l’histoire Créée en 1913, l’EPSS est alors l’une des 3 écoles fondatrices du travail social en France. Le fondateur, le pasteur Paul DOUMERGUE, conçoit le projet novateur de former des « ouvriers » de l’action sociale en conjuguant la pratique « sur le terrain » et l’apport des sciences humaines, juridiques et médicales les plus récentes. Cette démarche se veut doublement novatrice et engagée :

  • en affirmant que la question sociale mérite des réponses fondées sur l’engagement concret, les connaissances actualisées et le questionnement sur le sens
  • En construisant une démarche pédagogique qui instaure ces trois temps.

Cette démarche participera à la fondation d’une professionnalisation qui est déjà avancée dans le monde anglo-saxon.

L’Ecole est à cette période une partie d’un ensemble, « Foi et vie », qui tente d’articuler l’engagement chrétien par l’action sociale, avec la construction des savoirs et la formation des professionnels.. Elle participe ainsi à l’élaboration d’un ensemble de savoirs et de pratiques novateurs en action sociale précédant, inspirant et accompagnant les politiques publiques qui se mettront progressivement en place. Cette démarche, ne peut s’entendre sans référence à l’émergence de l’Etat comme acteur majeur du social et à la montée en puissance de mouvements collectifs, la « société civile », afin de ne pas laisser à l’Etat le monopole de l’intervention. Ceci s’inscrit dans une nouvelle façon de penser la question sociale et a pour toile de fond les mouvements politiques et sociaux qui vont traverser la fin du 19 et le début du 20e siècle.

Dès la fin du 19e la question sociale va se poser comme manière de régler les rapports entre les classes sociales. L’invention du social (au sens où nous l’entendons aujourd’hui) est rendue nécessaire « pour rendre gouvernable une société ayant opté pour un régime démocratique dans le cadre d’un système économique libéral (M-T JOIN-LAMBERT : « Politiques Sociales » Presses de la Fondation des Sciences Politiques (DALLOZ 1994)). Le 20e siècle, et en particulier sa seconde moitié, verra se développer des politiques publiques sectorielles comme réponse aux problèmes sociaux qui émergent : handicap, maladie, protection sociale, politiques de la Ville, Insertion… La professionnalisation des acteurs va donc prendre une place croissante (multiplication des centres de formation, développement des qualifications…) ; la question de la formation ne peut donc se poser sans référence aux politiques sociales mises en œuvre. Autant que de former des professionnels compétents et expérimentés, il s’agit aussi de former des individus capables de penser sur les Politiques Sociales et de donner du sens à leur action.

Chacun perçoit en 2007 que la question sociale nécessite un niveau de réponses au moins aussi novateur et engagé qu’au début du 20e siècle :

  • Des changements rapides interviennent dans les rapports entre générations, entre genres, entre « groupes sociaux », et affectent les subjectivités individuelles et collectives.
  • Deux tendances tendent à brouiller l’image et le rôle de l’action sociale et à rendre moins lisibles sa place et sa fonction. D’une part la tentation d’une marchandisation croissante des services publics (éducation, santé, soins, solidarité…), d’autre part, le développement de l’action humanitaire, caritative, du mécénat.
  • Les mutations économiques à l‘échelle de la planète, les interconnexions multiples, mais également les divisions sociales croissantes affectent simultanément la vie politique et sociale.
  • L’action sociale est elle-même « éclatée » car revendiquée par tous les secteurs de la vie publique ou privée ; ce qui conduit à la constitution d’un vaste secteur dit « de l’intervention sociale. » Face à ces modifications du contexte mais aussi des politiques, et à leurs conséquences, face aux enjeux sociaux collectifs, plus que jamais s’affirme la légitimité de l’intervention sociale et le besoin d’une formation de qualité pour ses acteurs. Aussi, les membres de l’association réaffirment aujourd’hui, les convictions qu’ils partagent
  • L’Ecole est un outil au service d’une conception de l’intervention sociale qui vise la transformation par la société elle-même et dans un cadre démocratique des conditions de vie et des rapports sociaux. En effet, la différenciation sociale croissante menace l’intégration sociale et le développement individuel.
  • Les sciences peuvent et doivent nourrir l’intervention sociale et éducative , et réciproquement. L’Ecole est également un lieu ressources et un lieu d’expérimentation, au service de l’éducation, de la formation, et du développement des personnes et des institutions qui partagent cette vision de l’intervention sociale qualifiée.
  • La formation comme l’intervention sociale exigent de chacun l’exercice et le développement de deux libertés fondamentales : la liberté de conscience (qui a toujours été la référence des dirigeants de l’epss) , et la liberté de pensée comme creuset où se forme l’esprit critique qui conduit au respect Charte des convictions –CA 02-2007 de l’autre. Cette double exigence définit pour eux le cadre laïque de leur action.
  • La responsabilité2 au sens de la responsabilité de soi-même et d’autrui, est constitutive de la dignité des personnes. Les conditions de son exercice, individuel ou collectif, doivent s’offrir à tous quels que soient son degré d’autonomie, son handicap ou son inadaptation. Ces convictions se concrétisent dans des principes d’actions et des axes de vigilance qui doivent se retrouver dans la gouvernance, dans l’organisation, dans les projets de formation ainsi que dans la place et le rôle réservés aux acteurs de la formation (équipe pédagogique, personnels administratifs ou financiers, enseignants, étudiants, partenaires…)
  • Considérer que chaque personne est en croissance tout au long de sa vie Une vigilance particulière doit être portée sur les points suivant :
    • la qualification initiale et permanente des personnels de l’Ecole
    • la diversité des modes d’accès à la qualification et l’individualisation des parcours de formation
    • Promouvoir l’exercice d’une réflexion critique, alimentée tant par l’évaluation de l’action que par l’interpellation des connaissances. Une vigilance particulière sera portée sur la volonté de rendre compte de l’action, d’en interroger les résultats, de susciter, accepter et partager les réflexions sur l’action, promouvoir les responsabilités en fonction de la place et du rôle de chacun.
    • S’ inscrire dans les débats publics - Permettre l’instauration d’espaces de débats raisonnés Une vigilance particulière sera portée à développer la capacité collective à s’approprier les éléments de débats, à développer la liberté de conscience et la liberté de pensée, à construire une réflexion et une expression collective et responsable, encourager un niveau élevé d’engagement personnel. .
    • Valoriser la complémentarité et l’interdépendance des qualifications et des responsabilités Une vigilance particulière sera portée sur la transversalité entre les formations, sur la coopération entre les fonctions au sein de l’organisation, sur la reconnaissance des responsabilités propres en fonction de la place et de la fonction de chacun.
    • Développer et favoriser les partenariats Une vigilance particulière sera apportée à ce que les partenariats se construisent dans une complémentarité réciproque et non dans la concurrence, au bénéfice de chacun des acteurs. Cette charte a vocation à être déclinée dans l’ensemble des textes organisant la vie associative et l’activité du centre de formation. 2 Cf. Ricœur et Levinas

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