Les thèmes abordés lors du centenaire

“ Une tradition n’est vivante que si elle donne l’occasion d’innover, si elle constitue une ressource à interpréter et non une éternité figée ” Paul RICOEUR

Travail social : enjeux de société, enjeux de formation

Etre capable de former des travailleurs sociaux pour des temps et des lieux complexes, cela suppose de s’être interrogé sur l’histoire de la question sociale, sur les convictions parfois contradictoires de ses acteurs, sur les programmes parfois concurrents des institutions qui en revendiquent la charge. Cela implique de comprendre les manières d’aborder territoires et populations. Cela engage à faire évoluer la formation des intervenants sociaux. Plutôt que de célébrer son grand âge, l’EPSS propose donc deux journées de réflexion qui contribuent à ce travail de mémoire, de discussion et de débat, d’imagination libre et d’élaboration tenace dont nous avons tous besoin : la société, les institutions et partenaires, les formateurs et les étudiants.

La question sociale et les valeurs

Le fondateur de l’EPSS, Paul Doumergue, a récusé la volonté de moraliser les milieux populaires pour s’inscrire dans la logique de promotion de la classe ouvrière et de la condition féminine, portée par les Solidarités (protestantes) et les Résidences Sociales (catholiques). Aujourd’hui entendre parler d’assistance et de responsabilité individuelle repose la question des fondements de la solidarité, de l’intervention sociale, de l’implication des personnes. Aujourd’hui aussi resurgit, dans un autre contexte qu’au début du XXe siècle, la question de la laïcité. Elle se pose notamment dans le travail social comme dans la formation.

La place des associations et les transformations des institutions et des formations

L’EPSS est une association. Les employeurs, présents et futurs, de ses étudiants sont des associations comme aussi des institutions publiques. Sous les multiples contraintes législatives, réglementaires et financières, quelle place et quelle autonomie pour les associations ? Et les institutions ? Le souci de la performance et de la rentabilité peut sembler primer aujourd’hui sur l’éthique et le souci des personnes. Comment les professions sociales « historiques » peuvent-elles se situer devant l’émergence de nouveaux métiers ?

Territoire, quartiers sensibles, jeunesse

Le territoire comme lieu central de l’intervention sociale constitue une dimension forte et nouvelle des politiques publiques. Il définit en effet un espace géographico-administratif sur lequel l’action sociale est censée être pensée et mise en œuvre dans une logique de diagnostic social local, de définition d’objectifs liés aux spécificités territoriales, et d’interventions partenariales. Cette dimension générale du territoire sera croisée avec des territoires d’habitat social et avec une population spécifique, la jeunesse. La priorité des politiques publiques ne doit-elle pas aller à ces quartiers d’habitat social : rétablissement d’un lien social souvent dégradé et rétablissement des conditions nécessaires à la réalisation de cet objectif ? Quelle place prend et peut prendre le travail social dans cet ensemble ?

La formation des travailleurs sociaux et ses enjeux

Si bien entendu le cadre institutionnel et administratif de cette formation doit être interrogé (Hautes Ecoles, lien avec l’université, cadre européen…), le principal doit concerner les enjeux sociétaux du travail social : dans le contexte socio-politique d’aujourd’hui, quelles fonctions doivent assurer les différentes professions et institutions sociales et comment les centres de formation peuvent y préparer les nouveaux venus et accompagner les professionnels en poste dans les évolutions en cours ? Dans un contexte contraint, les écoles peuvent-elles encore développer un projet origianal d’approche de l’action sociale et de construction de la professionnalité des travailleurs sociaux ?

Documents à télécharger