Le Centenaire et après…

Les deux colloques organisés à l’occasion de la célébration du centenaire de l’EPSS ont connu le succès que méritait une association qui a traversé le siècle et dont on connaît le développement actuel.

Sans relâche depuis le temps des pionniers que l’on peut aussi appeler celui de l’innovation et de l’audace, les responsables de l’École ont relevé les défis en faisant preuve d’imagination pour ouvrir des pistes nouvelles : c’est le cas notamment à la fin des années 50, où la baisse des effectifs atteignait un niveau plus que critique, en lançant avec succès une formation de directeurs de collectivités ; au début des années 90 en décidant - sans quitter « Montparnasse » - la création du centre de formation de Cergy qui ouvrait la possibilité d’une croissance des effectifs avec l’ouverture continue jusqu’à aujourd’hui de nouvelles filières en travail social. Un des enseignements qu’il faut tirer de cette longue histoire c’est la faculté d’adaptation des dirigeants de l’École, à des situations politiques (le courage des années 39/45), sociales, économiques et culturelles changeantes. Par contre, cette faculté d’adaptation n’a en rien bousculé le socle des valeurs qui fondent le projet associatif, et c’est bien là une des clefs de la longévité.

Certes, un centenaire c’est une opportunité pour revisiter l’histoire, mais c’est surtout, et c’est ainsi que le Conseil d’administration de l’association l’a voulu, une opportunité non seulement pour trouver les ressorts qui ont permis à l’École cette traversée du siècle, mais également ceux sur lesquels on doit s’appuyer aujourd’hui pour rebondir, dans un contexte qui n’a plus rien de commun avec celui des origines.

« Penser et agir, ne pas agir sans penser » telle était la formule que le fondateur de l’École aimait à rappeler ; elle est toujours d’actualité en tant que socle de la formation par alternance, élément clef du patrimoine des formations au travail social.

Au delà de savoir d’où l’on vient, le regard critique sur le passé n’aurait-il pas pour vertu de stimuler l’imagination créatrice, voire de nous ouvrir à la dimension prospective ? C’est en tout cas avec cette conviction que les dirigeants de l’École ont convié les nombreux participants aux deux colloques de novembre dernier.

Ce fut certes pour partager ce temps de travail de mémoire exceptionnel, mais ce fut surtout, avec l’aide de plusieurs intervenants reconnus pour la rigueur de leurs recherches et la richesse de leurs expériences, pour regarder avec lucidité la société actuelle, ses drames, ses tensions, mais aussi ses richesses et ses opportunités qui sont le champ quotidien d’une école dont la lourde responsabilité est de contribuer à la formation de celles et ceux qui seront confrontés quotidiennement aux aléas d’une société en perpétuel mouvement.

La question qui se pose aujourd’hui est celle-ci : qu’allons-nous faire de ce riche travail ? Car si l’événement du centenaire est une réussite sur le plan de la communication et de la notoriété, quelle est sa traduction en termes pédagogiques ? quel est son impact sur un projet associatif revisité ? C’est à cette double tâche que l’ensemble des acteurs de l’École - ses parties prenantes - doivent désormais s’atteler.

Jean Bastide, Président de l’epss