Journée spéciale Educateur Spécialisé

Compte rendu de la journée spéciale Éducateur Spécialisé

Cette rencontre a été préparée par le pôle ASS/ES/EJE, le service alternance, l’Unité de certifications de l’epss et des partenaires des terrains professionnels. L’idée nous en est venue suite au bilan du 1er Diplôme d’Etat d’Educateur Spécialisé « réformé ». Nous faisions alors plusieurs constats, notamment :

  • Les professionnels sur les sites qualifiants sont encore plus sollicités qu’avant la réforme du DEES. Ils se trouvent engagés dans les certifications et pas seulement sur la formation des stagiaires.
  • Beaucoup de questions des partenaires sont posées en lien avec leurs nouvelles responsabilités dans la formation : le livret de formation, l’appréciation des DC (domaines de compétences) à l’occasion des stages, les travaux à réaliser pour DPP, JEC, DTPR, les écrits professionnels … Comment encadrer les travaux demandés ?
  • Un nouveau vocabulaire s’impose dans la formation des éducateurs spécialisés : référentiel métier, domaines de formation (DF), domaines de compétences (DC), indicateurs de compétences …
  • De nombreuses questions sont soulevées à l’occasion de visites de stages : par exemple « dans notre établissement, on ne travaille pas en partenariat », « ce ne sont pas les ES qui contactent les partenaires mais les chefs de service », etc. …
  • En Ile de France et à l’epss, il y a eu plus d’échecs au Diplôme d’État (DE) qu’auparavant
  • Le métier change-t-il ? Se transforme-t-il ? Comment accompagner le changement ensemble, centre de formation et terrains ?

Cette journée n’avait pas pour vocation de remettre en cause la réforme du DE, encore moins de répondre à toutes les questions que nous nous posons. Elle se voulait simplement une vraie rencontre pour continuer à s’approprier une réforme et travailler ensemble, sites qualifiants / école, afin de faire le point sur nos pratiques et d’échanger sur des réalités observées à l’occasion de l’accompagnement des parcours de formation professionnelle des étudiants Éducateurs Spécialisés qu’ils soient en voie directe, situation d’emploi ou en apprentissage.

En guise d’introduction

Brève lecture socio-historique de la formation et du Diplôme d’Etat d’Educateur Spécialisé.

Par Jean-Marie Hérouin responsable du pôle formations supérieures à l’epss.

Cette brève présentation socio-historique vise à montrer en quoi les réformes successives de la formation et du D.E. d’éducateur spécialisé suivent l’évolution de la société et, en corollaire, les mutations du secteur social et médico-social. Elle cherche ainsi à mettre en valeur quelques repères socio-historiques, au regard des principales dates instituant ou réformant cette formation (1967, 1990, 2007) en termes de contexte, de contenus et d’enjeux pour ce secteur.

Il est important de souligner, en préalable plusieurs points qui aident à comprendre cette évolution. Tout d’abord, nous repérons le développement dans les années 40, du secteur de l’enfance inadaptée (voir M. Chauvière) et, en corolaire, l’apparition du métier d’éducateur. Ce développement est accompagné par la création en 1947 de l’ANEJI (association nationale des éducateurs de jeunes inadaptés), puis de deux conventions collectives en 1951 et 1966. A cette époque, la formation des éducateurs relève d’initiatives privées (voir en Ile de France l’Efpp et l’école de Montesson). La nécessité de mettre en place une formation répondant à un cadre national peine à émerger, ne permettant pas la reconnaissance de ce métier en tant que profession officielle (voir Cl. Dubar). Enfin, ce secteur se structure autour d’un jeu de pouvoir et d’influence entre trois champs sociopolitiques : le champ professionnel, représenté par le secteur associatif ; le champ de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur ; le champ politique à savoir le ministère des affaires sociales.

La création du D.E. en 1967

Ce diplôme d’Etat est créé en février 1967, dans la période dite des trente glorieuses et de l’Ètat providence qui a permis la structuration du secteur de l’enfance inadaptée. La mise en place de la formation d’éducateur est grandement portée par le champ professionnel, au regard de sa légitimité à développer le secteur. Deux corps professionnels, portant les fondations de ce secteur, influencent les contenus disciplinaires de cette première formation : la médecine et la psychologie, avec l’émergence du concept de psychopédagogie, lequel va marquer pour longtemps les éducateurs en formation.

Cette formation comprend à l’origine 800 heures de cours et repose sur les axes suivants : biologie et médecine (100h) ; psychologie et psychologie sociale (180h) ; pédagogie (200h) ; sociologie (60h) ; notions sur les cadres juridiques et institutionnels (60h) ; Étude des inadaptations (200h). Cette formation est alors ponctuée par une attestation de présence. Pour le secteur, plusieurs enjeux émergent, notamment la nécessité de structurer un appareil de formation pour rendre attractif ce nouveau métier d’éducateur auprès de jeunes en difficultés. D’autre part, on peut y voir l’intérêt de former ces jeunes professionnels, pour les aider à dépasser leur « bonne volonté » et leur permettre d’acquérir les savoir-faire attendus face à des publics particuliers. Ce dispositif de 1967 est rapidement revu et adapté, par les décrets de1973 et 1985, afin de donner notamment à la formation une dimension plus formative et qualifiante. Ces modifications dessinent alors les contours de la réforme de 1990.

La réforme de 1990

Cette réforme de juillet 1990 intervient dans la période de crise qui a suivi les trente glorieuses. De nouveaux phénomènes sociaux apparaissent, liés notamment à l’apparition massive du chômage, aux nouvelles pauvretés et précarités, à l’immigration économique, à l’urbanisation grandissante, à la violence urbaine… Une nouvelle demande sociale se fait jour de la part des pouvoirs publics. Si la création du D.E. en 1967 a été portée essentiellement par le champ professionnel, c’est maintenant au tour du champ universitaire et de la formation professionnelle d’influencer les principes et contenus de la formation (pouvoir déjà pris avec les décrets de 1773 et 1985), en tant qu’autorité habilitée à valider ce diplôme d’ES. La formation devient ainsi un enjeu de formation supérieure, en lien avec l’université. Comme symbole de ce rapprochement, on remarque en 1978 la création du DSTS et en 1986 celle des IRTS. La formation théorique en centre se conduit maintenant sur 1450 heures, à partir d’unités de formation qui renforcent certaines disciplines universitaires : l’économie, la démographie, la recherche en sciences sociales, les politiques sociales, l’ethnologie, le droit… De plus, les évaluations finales soutiennent ce renforcement avec notamment les épreuves du mémoire professionnel et du questionnaire (contrôle de connaissances sur une partie de ces disciplines). Parmi les principaux enjeux repérables pour le secteur, la professionnalisation des éducateurs semble être une demande importante pour répondre à la nouvelle commande sociale. De Même, s’affine le positionnement de ce diplôme dans la hiérarchie des métiers de l’éducatif, en tant que diplôme de technicien supérieur face aux métiers qui émergent (ME, AMP…).

La récente réforme de 2007

La réforme de mai 2007 est venue compléter une démarche de refonte de tous les métiers du social dans une nouvelle ingénierie de formation. Le contexte sociopolitique a grandement évolué, la société glissant, sur environ 30 ans, d’un État social vers un État libéral, changement conduit dans le cadre d’une politique sociale européenne. La volonté politique affichée consiste à favoriser une autre logique d’intervention, notamment vers la dés institutionalisation (Voir F. Dubet), l’usager citoyen, acteur et entrepreneur de sa vie, la prestation de service, les nouvelles techniques gestionnaires et managériales… dans un cadre politique plus contraint pour le secteur social et médico-social (voir la loi de 2002). C’est maintenant au tour du champ politique de « prendre le pouvoir » et de réorganiser l’appareil de la formation, à partir de la légitimité qui l’a situe en tant qu’autorité définissant le cadre politique de l’action sociale au cœur de l’Ètat. Cette formation conserve son cadre éprouvé de formation des étudiants. Mais, elle se décline maintenant en Domaines de Compétences considérés comme plus en phase avec l’activité professionnelle. Certaines disciplines déjà dispensées sont renforcées (le droit, les politiques sociales, la communication, les relations inter-institutionnelles, le partenariat…). Mais, on y consacre les notions de territoire, de local, de projet, de partenariat, de réseau, de contrat, de diagnostic, d’évaluation, de communication, d’information, d’acteur… Les enjeux du secteur intègrent désormais une dimension politique plus contraignante et réglementée, sous l’impulsion d’un État animateur conduisant l’action sociale vers une logique se rapprochant du monde marchand et des principes de : gestion rationnelle de l’activité et des coûts, recherche de performance et de résultats dans l’action, ouverture et de mise sous concurrence des associations par des d’appels à projets… Il s’agit également de faire participer le secteur professionnel de manière plus active et qualifiée dans l’appareil de formation, par un rééquilibrage de la dynamique de l’alternance : site qualifiant, référent professionnel, certifications sur le terrain… Cela conduit à une recherche d’adaptation mutuelle, entre le terrain et l’école, pour maitriser et gérer les enjeux de cette réforme, dans l’accompagnement des étudiants et stagiaires.

Conclusion

Nous constatons en quoi le secteur a vécu différentes phases dans son développement, allant de la structuration de ses activités, à la professionnalisation de ses travailleurs sociaux et à la technicisation de ses pratiques. Ainsi, chaque réforme accompagne l’évolution de la société et les nouvelles commandes sociales qui se font jour. La formation devient alors un vecteur de changement des pratiques professionnelles sur le terrain, pour adapter ce métier aux nouvelles valeurs politiques de la société en matière d’éducation, d’insertion, de rééducation, de soins… Reste à savoir comment ce secteur social et médico-social va s’approprier et digérer les réformes actuelles en fonction de son histoire, sa culture et ses spécificités. C’est donc une nouvelle page de la formation et du travail social qui s’écrit actuellement, et nous en sommes tous pour partie les écrivains…

Les travaux en commissions

Les participants, une quarantaine de partenaires et une dizaine de professionnels de l’epss, se sont répartis en quatre commissions de travail. Les débats ont fait l’objet de comptes-rendus. Ceux-ci sont consultables dans leur intégralité. Il suffit d’adresser une demande à Karine Bruneau, assistante de la direction pédagogique à l’adresse suivante : k.bruneau chez epss-edu.com Des extraits sont présentés ci-dessous :

Pour la commission 1, Marie-Laure Huet, maître d’apprentissage.

Accompagner un futur éducateur spécialisé dans son parcours de formation, alternance terrain/école

Les échanges qui ont eu lieu autour de l’accompagnement des étudiants sur le terrain professionnel ont permis de confronter des expériences diverses. Il en ressort notamment l’idée que le formateur terrain n’est pas seul : l’accompagnement se fait et se vit non pas seul mais avec l’équipe… La formation « responsable de site qualifiant » a encore son intérêt aujourd’hui et les professionnels de terrain sont en demande d’informations par rapport à celle-ci….. Avec toutes ces situations singulières et la particularité des parcours et situations des étudiants, le formateur lui-même a besoin d’être accompagné… Les échanges autour de l’accompagnement de l’étudiant, notamment quant à la participation des terrains à l’évaluation, ont montré qu’il y a encore un besoin d’appropriation de la réforme par les professionnels de terrain…. …..le parcours de formation se construit entre la préparation à un diplôme et celle à une profession. L’étudiant est l’acteur des liens entre théorie et pratique, entre école et terrain professionnel. Cette dynamique doit être soutenue par le formateur terrain, en favorisant l’esprit critique de l’étudiant et en laissant place à l’émergence de questions, de prises de position, sans trop le guider…… …..on peut noter le souhait de renouveler les rencontres entre formateurs école et formateurs terrain : d’une part, par des visites sur le terrain et d’autre part, dans l’école, autour de réunions à thème pour développer les échanges, notamment entre les formateurs terrains pour un partage d’expériences.

Pour la commission 2, Siham Dkhissi, formatrice epss.

Poursuivre la réflexion autour de la réforme : ses effets sur le métier et sur les publics DC1 Accompagnement social et éducatif spécialisé et DC2 Conception et conduite de projet éducatif spécialisé

Dans cette commission les secteurs de la psychiatrie, de l’insertion, de la protection de l’enfance, du handicap étaient représentés …. Les échanges ont portés sur différents points qui allaient bien au-delà de la seule question des domaines de compétences… Des questions d’appropriation des référentiels métier et formation ont été abordées ainsi que les modifications que cela induisait dans le rapport terrain / école. Ont encore été abordées les modalités pédagogiques du nouveau modèle de travail social avec recherche de la compétence au détriment peut-être de la qualification ; quelle est la place de l’évaluation dans ce nouveau contexte… Des remarques, nombreuses, ont été faites sur les modifications du langage professionnel qui se révèle avoir des incidences bien supérieures au seul changement de vocabulaire… Les nouvelles notions réinterrogent des pratiques pourtant éprouvées mais qui se modifient au regard des nouveaux enjeux… Des inquiétudes émanent du terrain et s’expriment puisqu’elles ont aussi des incidences importantes dans la formation des futurs professionnels et dans la manière de les accompagner….

Pour la commission 3, MaïtéMonfouga, formatrice epss et coordonnatrice de l’UFA

Poursuivre la réflexion autour de la réforme : ses effets sur le métier et sur les publics DC3 Communication professionnelle et DC4 Implications dans les pratiques partenariales, institutionnelles et inter-institutionnelles

Puisque ce groupe travaillait autour des DC3 et DC4 les questions du vocabulaire et de la forme du discours ont été évoquées comme importantes, suffisamment du moins pour qu’il y ait des échanges entre les différents acteurs à l’interne ou à l’externe des institutions ou services… L’exercice d’une communication professionnelle adaptée fait bien partie des compétences à acquérir sur les trois années de formation pour de jeunes adultes qui peuvent ne pas avoir eu à faire d’effort dans ce registre jusqu’à leur entrée à l’école… Qu’il s’agisse de stagiaires ou d’apprentis, la question de leur accompagnement a été évoquée comme ne pouvant pas être le fait du seul formateur terrain, référent de site qualifiant ou maître d’apprentissage. L’importance d’une « équipe tutorale » a été affirmée… Compte tenu des changements fréquents de professionnels au sein des équipes sur les terrains, la nécessité de formaliser les principes de pratiques d’accompagnement s’est révélée importante pour qu’il y ait une certaine permanence de l’expérience construite.

Pour la commission 4, Jérôme Rigaut formateur epss. }}

Le positionnement professionnel

Au sein des textes et des discours, le positionnement professionnel apparait de manière récurrente mais sait-on si derrière les mots, chacun met le même sens ? Nous avons donc fait dans un premier temps une tentative de définition. L’assemblée est unanime sur le fait qu’il n’y a pas une définition unique du positionnement professionnel. Plus qu’une polysémie des termes, on entend une multiplicité de savoirs-être et savoir-faire…. … nous ne sommes pas devant une recette qu’il faudrait suivre à la lettre mais au sein d’un processus : la construction de l’identité professionnelle qui est donc propre à chacun. Au-delà des procédures, le positionnement professionnel serait alors une qualité d’être. … À chaque fois que les futurs éducateurs interrogent les pratiques, il est primordial de les conduire à approfondir leur argumentation et leur demander de chercher des références sur lesquelles ils puissent s’appuyer…. Un manque de lectures et de curiosité est parfois noté. Autant au centre de formation que sur les terrains, doit se penser la manière de leur donner une appétence aux savoirs, susciter leur curiosité et initier une dynamique…. …L’équipe accueillante et le référent de stage repèrent les espaces où l’étudiant progresse et peuvent lui passer le relais de l’action. Il s’agit d’une mise en responsabilité formatrice. Ce n’est pas faire seul mais sous le regard de l’autre. Un regard qui doit être exigeant mais dont l’objectif est de stimuler plutôt que d’être dans le constat négatif générationnel : « les stagiaires étaient mieux auparavant. »… …Il est important de ne pas perdre de vue que les futurs éducateurs sont aussi responsables de leur formation. Ils ont leurs attentes qui sont déjà un début de positionnement…. Lors des évaluations écrites finales du stage, il faut pouvoir se dégager suffisamment des critères et des indicateurs nommés et faire apparaitre le positionnement professionnel pour chaque domaine de compétence. La qualité d’être du stagiaire dans la relation éducative est le lien qui transcende les cloisonnements et reste au cœur de ce qu’on veut transmettre ensemble, centre de formation et site qualifiant.

Merci à tous d’être venus si nombreux

Cette journée s’est déroulée dans un esprit coopératif terrain/école. Tout le monde a joué le jeu. Elle arrivait à point et suite aux débats abordés, notamment par rapport aux épreuves de certifications, elle sera utile au moins pendant 2 ou 3 ans. Il se confirme que du temps est encore nécessaire pour une bonne appropriation de cette réforme du DEES. Il importe de se doter d’instances pour travailler ces questions relatives aux changements. Sur une commission, un professionnel évoquait un nécessaire accompagnement des tuteurs, expliquant que l’école prépare à un « diplôme » et le terrain prépare à une « profession ». Dans d’autres commissions, des accueillants réfléchissaient à Comment une équipe peut-elle accompagner le stagiaire ? Faut-il formaliser quelque chose ? Ces questions restent ouvertes et témoignent de notre volonté commune d’avancer ensemble et sans réponses dogmatiques. La journée a montré un décalage entre le besoin d’avoir des réponses techniques à des questions précises relatives aux DC, et le besoin de parler du métier dans sa globalité, son exercice et son devenir. Forme-t-on à un métier ou à un diplôme ? La question est intemporelle et n’avait pas attendu la réforme pour se faire entendre. Centre de formation et terrain sont-ils dans la même culture ? Les mêmes valeurs ? Oui ! En tout cas c’est un désir manifesté au cours de cette journée, avec un intérêt renouvelé pour le métier et le « corps de métier ». Si l’on a pu constater des différences de représentations de la formation des ES entre école et sites qualifiants, nous avons vu cependant que, sur le fond, nous parlons tous de la même chose. En filigrane nous retrouvions cette préoccupation, chacun avec sa méthode, de « faire » un éducateur spécialisé responsable, engagé, et porté par des valeurs mises en actes. Nous avons vérifié à nouveau que la formation est un processus qui demande une adaptation permanente terrains/école/stagiaires. La complexification de la société et le passage de l’Etat social à l’Etat libéral nous amènent à toujours renouveler notre questionnement quant aux fondements du travail social. Nous n’avons pas oublié au cours de cette journée la nécessaire réflexion éthique là où autrui est une préoccupation permanente dans une relation socialisée.

Encore merci à tous. Nous sommes déjà en réflexion pour la construction d’une autre journée thématique qui réunirait des formateurs et des professionnels de tous les métiers auxquels nous préparons.

Pour l’équipe organisatrice : direction, formateurs epss & partenaires sites qualifiants Sylvie JOSPIN - Formatrice Unité certification epss

Un mot de remerciement et de clôture de la direction générale de l’epss

Par Madame Noah Derfouli

Au nom de l’epss je remercie toutes les personnes qui ont contribué à la richesse, que je devine, au travers de la restitution de travaux en commissions, des échanges qui ont jalonné cette journée. Je me joins à toute l’équipe de l’epss qui a organisé cette manifestation, pour me réjouir de son succès. Votre présence en est la traduction. Les coopérations étroites entre l’école et les terrains professionnelles ne sont pas nouvelles. Pourtant les réformes les ont confortées amenant une implication de plus en plus forte des sites qualifiants dans les formations en travail social. La coresponsabilité dans la formation des professionnels de demain est affirmée de maintes façons. Le législateur n’amène pas nécessairement une grande nouveauté mais oblige à plus de formalisation, à des positionnements différents et donc à des modalités nouvelles du partenariat. Il doit être plus visible, embrasser plusieurs pans de la formation allant jusqu’à la certification pour engager chacun, depuis sa place, dans une co-construction des parcours et projets de formation.

Évidemment, cela peut inquiéter et nous le savons. C’est pour cela que l’epss, notre école, votre école, doit être un lieu d’échanges, de partage, de transfert d’expertise et de formation mutuelle. Soyez assurés que l’epss demeure un lieu ouvert sur les préoccupations des terrains professionnels y compris dans l’accompagnement de l’appropriation de cette place renouvelée. Mais l’epss doit aussi conserver sa spécificité et continuer à être un lieu de formation de l’esprit, d’apprentissage de savoir-faire, d’interrogations. L’école est donc, aussi un espace d’élaborations intellectuelles et d’expérimentations qui doit permettre à chaque futur travailleur social de penser les effets de ses actes professionnels, de réfléchir à leurs fondements et d’accepter la critique indispensable à tout citoyen œuvrant pour plus de solidarité. Cela dans la perspective de répondre au mieux des intérêts des personnes et de celui du mieux vivre ensemble en dépit d’un contexte de plus en plus contraint et d’une justice sociale parfois vacillante.

Documents à télécharger